Chroniques, Lecture

Chroniques littéraires #4 : « Art » de Yasmina Reza

Bonjour à tous !

Aujourd’hui, après une longue absence, je vais enfin pouvoir vous partager l’une de mes lectures. Pour les vacances, je devais choisir minimum trois pièces de théâtre parmi une liste, mise au point par ma professeur de français. En voici donc une qui m’a particulièrement plu. Sans plus attendre, c’est parti !

Résumé (déniché sur le blog Deux pour Une) :

Quand Serge présente son nouveau tableau, complètement blanc, à ses deux amis Marc et Yvan, un conflit éclate. Marc, révolté par cet achat inutile, fait ressortir ses vieilles rancœurs et envenime la situation tandis qu’Yvan, qui veut juste passer un bon moment, tente de calmer les choses…

Mon avis :

Parmi les oeuvres proposées, celle-ci m’a tout de suite interpellée. L’élément déclencheur étant assez limpide, je ne savais pas à quoi m’attendre pendant toute la lecture ; il y a certes un débat autour de la légitimité et de la subjectivité de l’art contemporain, mais cette question est finalement reléguée au second plan. Les deux parties ont de bons arguments, et il n’est selon moi, pas possible de trancher. Cette discussion est évidemment intéressante, mais je n’aurais pas autant autant apprécié ce livre, s’il n’était question que de cela.

Tout d’abord, le rapport à l’art de Serge m’a beaucoup fait réfléchir. Bien que je ne sois pas adepte d’art contemporain, je comprends sa façon de percevoir et d’analyser : il ne se contente pas de rester à la surface du tableau, il cherche avant tout à être ému, même si cela relève un peu de l’absurde. Mais on peut bien sûr penser que tout cela ne vaut pas le coup (ou plutôt le coût ^^). J’irais même jusqu’à dire que c’est une manière pour lui d’échapper à la brutalité du monde, et d’aimer quelque chose sans risque d’être déçu.

Quant à Marc, même s’il a une opinion très tranchée sur la situation, et qu’il s’estime comme étant parfaitement rationnel et ayant toujours raison, je ne crois pas qu’il soit réellement détestable. En effet, à plusieurs reprises, lorsqu’il s’agit de sentiments et d’expériences de vie, on sent surtout sa fragilité et sa déception par rapport aux autres. Par exemple, je ne pense pas qu’il soit totalement contre l’art contemporain, mais plutôt aux mondanités et au fait qu’il soit réservé à une forme d’élite. Ou encore, lorsque ses amis le confrontent à ses relations sociales. Voici un passage qui illustre mon idée :
« SERGE. … Apprends à aimer les gens pour eux-mêmes, Marc.
MARC. Ça veut dire quoi, pour eux-mêmes ?!
SERGE. Pour ce qu’ils sont.
MARC. Mais qu’est-ce qu’ils sont ?! Qu’est-ce qu’ils sont ?!… En dehors de l’espoir que je place en eux ?… »
Je compatis à la douleur de cette dernière réplique, Celle-ci contraste avec toutes les paroles dites par Marc par sa profondeur.

Enfin, j’aimerais parler du personnage d’Yvan. A première vue, on pourrait penser qu’il est lisse, voire lâche, car il n’a pas envie d’entrer inutilement dans des conflits avec ses semblables. Mais c’est le personnage auquel je me suis le plus identifié. J’ai aimé sa gravité, bien qu’il manque d’enjouement. Quelle que soit la situation, il redoute, ou plutôt, il voit en avance les désavantages qui pourraient l’attendre : cette façon d’appréhender la vie, me correspond (selon moi) beaucoup. Il a peut-être un caractère lugubre, mais je pense surtout qu’il a de la sagesse. J’aimerais aussi ajouter que je comprends sa volonté de rester neutre et d’éviter de se retrouver au milieu d’une dispute, sans pouvoir prendre parti, de peur principalement de blesser.

Si je suis moi parce que je suis moi, et si tu es toi parce que tu es toi, je suis moi et tu es toi. Si, en revanche, je suis moi parce que tu es toi, et si tu es toi parce que je suis moi, alors je ne suis pas moi et tu n’es pas toi…

« Art » – Yasmina Reza

Et voilà, merci de m’avoir lu jusqu’au bout !

Et vous, qu’avez-vous pensé de ce livre ?

Mouchtounelle

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3 réflexions au sujet de “Chroniques littéraires #4 : « Art » de Yasmina Reza”

  1. Ravie de te retrouver 🙂 je ne connais pas ce livre mais j’aime beaucoup ce genre, quand l’auteur part d’un rien pour faire éclater des vérités bien plus profondes.
    Ça me fait penser au film « le prénom » : un dîner vire au règlement de compte après qu’un futur papa révèle le choix du prénom du bébé : « Adolphe »…

    Aimé par 1 personne

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